Notre objectif est de proposer "un nouveau mode d'emploi" pour les objets
de la vie courante, nos compagnons de route au quotidien, à partir de notre
expérience japonaise.
Comment ? En commençant par en limiter le nombre pour recréer un lien entre
l'objet et son utilisateur, comme l'artisan avec ses outils.
Nous poursuivons cette démarche depuis dix ans au travers d'expositions et de
recherches d'objets à usage quotidien, des objets qui soient "naturels, sincères,
sûrs, simples" (Soetsu Yanagi).
Au cours de nos voyages, nous avons été particulièrement attirés par le concept
de "refuge". C'est un thème intéressant à plus d'un titre. Pas seulement
comme lieu de survie, mais aussi comme source de créativité.
Dans un refuge, nous ne sommes encombrés ni par les objets, ni par les
obligations. Cette vacuité temporelle est propice à la réflexion et à
l'imagination. Des auteurs, comme Victor Hugo ou Henry David Thoreau, ont
conçu des oeuvres magistrales dans leur refuge.
C'est aussi un lieu magique pour le retour à l'essentiel. L'espace est réduit. Seuls
les objets fonctionnels y trouvent leur place. Cela débouche sur une politique
minimaliste pour donner de l'ampleur à l'espace.
C'est le silence entre les notes qui donne la musique. C'est l'espace, le vide entre
les objets qui est important. Le dépouillement, paradoxalement, devient source
de richesse.
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